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Activité du cerveau sous hypnose

Activité du cerveau sous hypnose 2018-01-31T12:33:16+00:00

Plusieurs réseaux se partagent la tâche dans notre cerveau, selon qu’il s’agisse d’accomplir des actes de routine, comme marcher, appuyer sur un bouton… ou résoudre des problèmes plus complexes. Le premier, qui peut être appelé « réseau par défaut » car son activité est permanente à l’état d’éveil, est ainsi secondé en cas de besoin par le « réseau exécutif ».

Le « réseau exécutif » s’identifie comme étant le cortex préfrontal moyen et forme le lobe frontal du cerveau, situé en avant des régions prémotrices. De lui dépendent les fonctions cognitives supérieures, comme dans la prise de décision, l’attention, le raisonnement, mais aussi le langage et la mémoire de travail. Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que l’une ou l’autre de ces deux zones était activée de préférence, en fonction de la nature de la tâche accomplie.

Cortex

L’équipe de chercheurs, dirigée par Kalina Christoff directrice du laboratoire de sciences neurologiques de l’université British Columbia de Vancouver , a examiné par IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) fonctionnelle) le cerveau de plusieurs sujets, alors qu’ils accomplissaient différents travaux ne relevant que de la routine (comme appuyer sur une touche), ou rêvassaient. Si le « réseau par défaut » reste relativement actif dans toutes les situations, en revanche, le « réseau exécutif », correspondant aux fonctions cognitives supérieures, s’active intensément lorsque le sujet se met à rêvasser. Autrement dit, comme le démontre l’étude publiée dans la revue scientifique PNAS, la rêverie stimule le cerveau et lui permet de réfléchir plus. Il est étonnant de voir ces deux réseaux du cerveau activés en même temps. Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que quand l’un fonctionnait l’autre était en dormance. Cette étude démontre que pour résoudre des problèmes complexes, il vaut mieux laisser son esprit vagabonder plutôt que de s’acharner inutilement. Quand on rêve éveillé, on peut ne pas atteindre son objectif immédiat (par exemple la lecture d’un livre ou suivre les cours en classe) mais l’esprit prend le temps de régler des questions plus importantes.

Le cerveau est constamment bombardé de stimuli et l’évidence ou la saillance relative de ces stimuli détermine ceux qui sont dignes d’attention. Des recherches ont été effectuées pour comprendre la façon dont le cerveau sélectionne certaines données de l’environnement qui sont signifiantes pour le sujet à un moment et dans un contexte donnés. Elles ont cherché à définir le système qui, dans un environnement visuel encombré de données multiples et en constante évolution, nous permet d’ignorer certains stimuli non pertinents pour la tâche à accomplir. Une étude de l’Université Simon Fraser (Canada), publiée dans le Journal of Neuroscience a déjà expliqué comment notre cerveau, grâce à un mécanisme de suppression, évite d’être distrait par des informations non pertinentes alors que nous nous concentrons sur ​​un élément ou une tâche donnée.

Un mécanisme de suppression vient réduire également la saillance visuelle des éléments qui pourraient détourner de la tâche principale a également été décrit lors d’une récente étude de neuroscientifiques américains, publiée dans la revue scientifique PLoS ONE.

Lucina Q.Uddin, professeur de Psychologie à l’Université de Miami et responsable du Brain Connectivity and Cognition Laboratory explique que ce « réseau de saillance » exerce non seulement un rôle central dans la détection des stimuli pertinents mas aussi dans la coordination des ressources pour les neurones. Cette recherche, via l’imagerie, met en avant le rôle critique d’une zone du cerveau, l’insula dans la réponse aux stimuli pertinents. L’insula n’est pas une zone homogène et peut être séparée en différentes subdivisions qui vont jouer dans la coordination d’autres régions du cerveau impliquées dans l’orientation de l’attention.

Cerveau

Mécanismes cérébraux impliqués dans l’hypnose

L’hypnose repose sur des mécanismes cérébraux particuliers. Pour étudier les modifications d’activité et de connectivité, les chercheurs se sont intéressés préférentiellement aux trois réseaux cérébraux décrits ci-dessus :

  • le réseau exécutif impliqué dans la prise de décision, l’attention et la mémoire de travail. D’un point de vue neurophysiologique, celui-ci implique classiquement le cortex préfrontal dorsolatéral (bilatéral) et les cortex pariétaux supérieurs.
  • le réseau du mode par défaut correspondant à l’état de base, inoccupé. Il se situe dans plusieurs structures incluant le cortex cingulaire antérieur et le cortex préfrontal médian.
  • le réseau de saillance impliqué dans le travail de hiérarchisation des informations. Il comprend le cortex cingulaire antérieur (dorsal), le cortex fronto-insulaire et s’étend jusqu’aux régions subcorticales comme l’hypothalamus.

Grâce à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), l’équipe du Pr David Spiegel (Stanford University School of Medicine, Palo Alto, Californie) a mis en évidence trois types de modifications neuronales qui sous-tendent cet état particulier de conscience. Elle affirme que : « L’état hypnotique implique un autre type de fonctionnement du cerveau. »
Pour l’étude, son équipe de chercheurs a choisi 57 étudiants à travers différents tests. Parmi ces derniers, 36 étaient considérés comme très hypnotisables et 21 étaient complétement imperméables (insensibles à l’hypnose), l’objectif étant de pouvoir comparer les données.

Les 57 participants ont ensuite subi une IRMf qui détecte l’activité cérébrale en enregistrant des modifications de flux sanguin. Chaque personne a été observée dans quatre états : au repos, se remémorant un souvenir et lors de deux sessions d’hypnose (évoquant l’une, un souvenir heureux, l’autre, une situation de vacances).

A l’imagerie, Spiegel et ses collègues ont bien mis en évidence des changements dans ces trois régions cérébrales. Chacune des modifications n’a été observée que dans le groupe de participants « hautement hypnotisables » et seulement quand ils étaient dans un état hypnotique – donc très différents de l’état de repos ou de remémoration.

Les changements observés sont de trois ordres :

  1. Une moindre activité dans la zone du cortex cingulaire antérieur (dorsal), où se situe le réseau de saillance, laissant supposer que les différentes informations ne sont plus (ou beaucoup moins) hiérarchisées sous hypnose. Le Pr Spiegel confirme « lors d’une transe hypnotique, vous êtes tellement absorbés que vous ne vous préoccupez de rien d’autre ».
    Sous hypnose, l’attention est réduite comme sous l’effet d’un téléobjectif. Ce que l’on voit est beaucoup plus détaillé, mais on voit moins ce qu’il y a autour.
  2. Les chercheurs ont noté une augmentation des connexions entre deux zones du cerveau : le cortex préfrontal dorso-latéral et l’insula. « Cet accroissement de la connectivité est intéressant car l’insula est impliquée dans le traitement du contrôle du corps et de l’expérience, de l’émotion, de l’empathie et du temps. Ces résultats sont cohérents avec le rôle de l’insula dans la régulation cérébrale des symptômes somatiques et compatibles avec la capacité qu’on les individus sous hypnose d’être intensément absorbés et d’avoir des fonctions et perceptions somatiques altérées » commentent les chercheurs. Cela renforce l’idée que l’hypnose est un état de conscience particulier, plutôt qu’un moindre niveau d’éveil.
  3. L’équipe de Spiegel a montré un nombre réduit de connexions entre le cortex préfrontal dorsolatéral et le réseau du mode par défaut, qui inclut le cortex préfrontal médian et le cortex cingulaire postérieur. Cette diminution de la connectivité fonctionnelle est compatible avec une déconnexion entre les actions d’une personne et la conscience qu’elle en a. Ce que Spiegel traduit par : « quand vous êtes vraiment absorbé par une tâche, vous ne pensez pas que vous êtes en train de la réaliser, juste vous la faites ». Pendant la transe hypnotique, ce genre de dissociation entre l’action et la réflexion permet à l’individu de s’impliquer dans les activités suggérées par le clinicien – ou par la personne elle-même quand il s’agit d’autosuggestion – sans avoir à consacrer des ressources mentales au fait d’être conscient de pratiquer cette activité ». Pour les chercheurs : « cela renforce l’idée que l’hypnose est un état de conscience particulier, plutôt qu’un moindre niveau d’éveil ».
    En général, les gens qui sont hypnotisables ont tendance à être moins conscients d’eux-mêmes, à faire plus vite confiance à d’autres personnes et à être plus imaginatifs.

Les changements de l’activité neuronale durant la transe hypnotique sous-tendent une attention focalisée, un contrôle somatique et émotionnel exacerbé et une perte de la conscience de soi-même, qui sont des caractéristiques de l’hypnose.

Effet de l’hypnose sur les zones cérébrales impliquées dans la douleur

«La douleur est une représentation sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à un dommage tissulaire présent ou potentiel ou décrite en termes d’un tel dommage».

Cette définition correspond à la perfection vis-à-vis de l’action sous hypnose.

Les zones principales de la douleur sont:

  • Le système nerveux périphérique et/ou central
  • Le thalamus
  • Le cortex cérébral
  • Le cortex somatosensoriel
  • Le cortex cingulaire antérieure

Autrement dit, est douloureux ce que le patient ressent comme tel. L’information de la perception douloureuse est acheminée, via les fibres nerveuses, d’abord vers la moelle épinière et de là vers le thalamus puis vers différentes régions du cerveau, le cortex cingulaire antérieur, l’insula, le cortex somatosensoriel, les noyaux caudés et l’amygdale. Le thalamus intervient comme une station relais par laquelle l’information douloureuse transite vers ces autres zones corticales ou sous-corticales.

La cartographie cérébrale indique un fonctionnement en réseau de ces zones vraisemblablement pour décoder les différentes composantes de la douleur : la première, sensorielle, encodée principalement au niveau de l’insula et du cortex somatosensoriel, permet au patient d’interpréter la sensation ça pique, ça tire, ça pince…, sa localisation et son intensité ; la deuxième, émotionnelle, encodée principalement au niveau du cortex cingulaire antérieur, signale l’inconfort la douleur nous agace, nous épuise, nous use… ; la troisième enfin, cognitivo-comportementale, plutôt traitée dans les cortex préfrontal et prémoteur, sert à interpréter la douleur et à modifier notre comportement en conséquence. Force est de reconnaître que, ce traitement en réseau étant très subtil, on est encore loin de le connaître avec précision.

Sous hypnose l’activité des zones somatosensorielles et du cortex cingulaire antérieur est modifiée. Le cortex cingulaire antérieure implique la réponse émotionnelle de la douleur. Le cortex somatosensoriel implique l’intensité de la douleur.

Ainsi l’hypnose va permettre de « dissocier » ces deux zones pour agir sur l’intensité et la réponse émotionnelle de la douleur. C’est ainsi que sous hypnose on couvre le vaste champ de la douleur pour diminuer son signal et sa représentation mentale. Cela permet de l’atténuer voir parfois de l’annuler.