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Le circuit de la peur ou circuit thalamo-cortico-amygdalien

Le circuit de la peur ou circuit thalamo-cortico-amygdalien 2018-01-30T11:31:57+00:00

Le circuit de la peur comprend :

Un circuit court : stimulus sensoriel – thalamus – amygdale – réaction
Un circuit long : stimulus sensoriel – thalamus – cortex – hippocampe – amygdale – réaction

Le circuit court (thalamus-amygdale), rapide mais imprécis, assure des réactions de survie, de fuite et de défense dans un délai très court avec l’inconvénient de ne transmettre que des informations floues. Le circuit long (thalamus-cortex-amygdale), lent mais précis, assure une perception précise du stimulus mais nécessite un prolongement du temps de réaction qui peut être fatal en cas de danger.

Ces deux circuits débutent en même temps. Le circuit de la peur est nécessaire à la survie de l’espèce (fuite, défense…). L’amygdale est impliquée dans le décodage des émotions, dans l’interprétation des émotions d’autrui. Le cortex préfrontal (voir ci-dessous) est impliqué dans le contrôle des émotions. C’est le cortex préfrontal qui contrôle l’activité sensorielle en maintenant ou freinant l’action de l’amygdale responsable de l’expression physiologique de la peur.

Les 3 phases lors de la confrontation à un danger :
– amygdale : anxiété induite par un stimulus sensoriel
– hippocampe : anxiété induite par le contexte
– cortex préfrontal : choix de la réponse adaptée

Joseph Ledoux (psychologue) nous donne l’exemple du promeneur dans un bois percevant, via son thalamus, l’image floue d’un bâton qui pourrait s’avérer être un serpent.

Le circuit court (thalamo-amygdalien)

– une stimulation sensorielle (la vue d’une forme étrange ou un son menaçant) est perçue par nos sens
– l’information sensorielle est transmise au thalamus (passage obligé des messages captés par les sens)
– le thalamus transmet l’information sensorielle directement à l’amygdale
– l’amygdale va lancer une première alarme sensorielle
– cette alarme nous permettra de commencer à nous préparer à un danger même si nous ne savons pas exactement ce dont il s’agit

Cortex

Circuit long (thalamo-cortico-amygdalien)

  • une stimulation sensorielle (la vue d’une forme étrange ou un son menaçant) est perçue par nos sens
  • l’information sensorielle est transmise au thalamus (passage obligé des messages captés par les sens)
  • le thalamus transmet l’information sensorielle à l’hippocampe
  • l’hippocampe rappelle les souvenirs antérieurs, compare avec nos expériences passées, renseigne sur le contexte et informe l’amygdale
  • le thalamus transmet l’information sensorielle au cortex sensoriel approprié (lobe visuel ou lobe auditif…)
  • le cortex sensoriel évalue l’information sensorielle et informe l’amygdale
  • le thalamus transmet l’information sensorielle au cortex préfrontal (lobe frontal)
  • le cortex préfrontal analyse la situation (décrypte de façon détaillée l’image) et ainsi la pertinence de la dangerosité de la situation et informe l’amygdale
  • l’amygdale en est alors avisée et produit les réponses émotionnelles appropriées,
  • l’amygdale enclenche les réactions corporelles de la peur (accélération du rythme
  • cardiaque, pâleur, sudation…)
    – s’il s’agit d’un serpent, le cortex préfrontal renforcera l’action amygdalienne et les manifestations corporelles sont maintenues
    – s’il s’agit d’un bâton, le cortex préfrontal freinera l’action amygdalienne et les manifestations corporelles s’estompent

Amygdale

Les réactions de l’amygdale vont exciter le système endocrinien (sécrétion d’adrénaline) et tout un enchaînement de stimulations neurovégétatives et neuromusculaires va mobiliser le corps pour le préparer à répondre à l’agression. (voir ci-dessous).

La noradrénaline (sécrétée pendant un état de stress) entraîne de nombreux effets sur l’organisme : la vasoconstriction artérielle et veineuse, l’augmentation de la force de contraction du cœur, l’accélération du rythme cardiaque, l’augmentation de la captation de potassium des muscles et la dilatation des bronches. C’est pourquoi lors de l’exposition à un stress particulier les muscles se raidissent, la tension augmente, l’estomac se noue…

Du fait de leur proximité, l’hippocampe et l’amygdale possèdent d’importantes interconnexions : les émotions influent sur la mémorisation. Nous mémorisons beaucoup facilement un événement lié à une émotion forte. Par exemple, nous nous rappelons plus facilement de ce que l’on faisait le 11 septembre 2001 (attentats aux USA) , par rapport à tout autre jour de la même année. C’est à cause de l’hippocampe, et de ses liens étroits avec l’amygdale, que tout le contexte associé à un événement traumatisant peut devenir une source d’anxiété. Pendant votre scolarité, vous pouvez avoir été quelques temps le souffre-douleur d’un professeur et avez associé une micro expression de visage, un timbre de voix ou tout autre détail à ces moments désagréables. Plus tard, à l’âge adulte, si vous rencontrez une personne possédant certaines de ces caractéristiques, votre thalamus enverra cette information à l’amygdale et déclenchera un sentiment de malaise (même si cette personne est la plus bienveillante qui soit).

Les individus anxieux, en état de dépression, de phobie sociale et de stress post-traumatique présentent une activation excessive de l’amygdale. Les troubles anxieux seraient dus à l’activation pathologique du circuit court. En cas de stress intense (traumatique), il est important qu’un psychologue puisse intervenir avant la première nuit de sommeil pour éviter que le stress s’inscrive profondément en mémoire émotionnelle.