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La théorie des trois cerveaux

La théorie des trois cerveaux 2018-01-30T11:30:22+00:00

La théorie des trois cerveaux, aussi appelée le « cerveau triunique » suppose l’apparition de trois cerveaux qui se sont manifestés en même temps que les ères principales de l’évolution de l’espèce humaine. Dès lors, elle distingue clairement le cerveau reptilien, le cerveau paléomammalien et le néocortex. Elle a permis de faire un rapport entre l’évolution de l’espèce et l’organisation fonctionnelle du cerveau selon ses différentes parties. La théorie des trois cerveaux doit son introduction Paul D. Mc Lean vers la fin des années 1960.

Les origines du cerveau triunique

Le cerveau triunique est le résultat des changements subis par le cerveau au cours des ères majeures de l’évolution de l’homme. Plusieurs phases, dont la première s’apparente à l’évolution de poissons en batraciens à leur sortie de l’eau, auraient alors abouti au développement du cerveau humain actuel dit néocortex.
Trois types de cerveaux ressortent de ces trois phases. Les trois cerveaux interagissent ensemble en permanence et ont aussi des systèmes de rétrocontrôle qui les régulent.
Le cerveau primitif ou reptilien, dont l’apparition date de la même époque de développement des batraciens.
Le cerveau paléomammalien ou limbique que l’on trouve chez les premiers mammifères.
Le néocortex, ou cerveau néo-mammalien, qui s’apparente aux australopithèques décrits comme les premiers ancêtres de l’homme.
Chaque type de cerveaux qui composent le cerveau triunique serait donc étroitement lié à une ère bien définie de notre évolution. Ses origines remontent alors à 400  000 millions d’années.

Chaque cerveau identifié dans cette théorie est relié à une zone particulière de l’anatomie du cerveau humain. Ils sont aussi responsables de nos comportements des plus primitifs aux plus complexes et développés.

1.  Le cerveau primitif

Apparue il y a 400 à 600 millions d’années et allié aujourd’hui au tronc cérébral chez l’homme, le cerveau primitif régit les comportements d’animaux comme les poissons, les reptiles, les batraciens et les oiseaux, d’où son qualificatif de « reptilien ». Cette partie de l’anatomie du cerveau est considérée comme une des plus résistantes aux différents traumatismes et assure uniquement les comportements primitifs. Ces comportements assurent en général la survie de l’animal dans son environnement. Ainsi le cerveau primitif est à l’origine de l’homéostasie, c’est-à-dire la régulation des constantes internes de l’organisme à un niveau stable comme la température, le rythme cardiaque, la respiration ou encore la circulation de fluides et de gaz.
Le cerveau reptilien est aussi responsable des comportements qui poussent l’organisme à satisfaire ses besoins primaires comme manger, boire et dormir. La satisfaction de ces besoins vitaux relève de réflexes innés, dont le cerveau primitif est à l’origine. La survie relève également de ce premier cerveau primitif. Il provoque en effet les réactions issues de l’instinct de conservation en cas de danger, comme la contre-attaque ou encore la fuite.
Les capacités du cerveau primitif sont entièrement liées à l’instinct. Les comportements qu’il suggère ne peuvent donc pas s’adapter ou évoluer en fonction de la situation ou d’autres facteurs environnementaux indépendants d’un stimulus. Ainsi, le cerveau réagit toujours de la même façon à un stimulus défini. La réaction est donc similaire à un réflexe et aucun changement ne sera constaté suivant les facteurs externes de l’environnement. Cela peut s’expliquer par l’absence de mémoire à long terme sur ce cerveau primitif.
Certains comportements primaires de l’homme comme la peur de prédateurs, l’hostilité envers des individus d’autres groupes proviennent alors de ce cerveau reptilien.

2. Le cerveau paléomammalien ou limbique

Vieux de 60 millions d’années, le cerveau paléomammalien ou limbique est le propre de certains mammifères « inférieurs » ou aplacentaires comme les hérissons ou les lapins. Le cerveau limbique est la source de certains comportements instinctifs liés à la mémoire. Contrairement au cerveau primitif, ce second cerveau intègre donc la notion de mémoire à long terme. Certaines émotions trouvent également leurs origines dans ce second cerveau. Il est donc divisé en deux parties à savoir le paléolimbique et le néolimbique.
Le paléolimbique ou cerveau paléomammalien produit les comportements liés à la mémoire. Grâce à la mémorisation d’événements passés, les mammifères dotés de ce cerveau peuvent adapter à une certaine mesure leurs réactions à un stimulus. Cela explique la hiérarchisation dans un groupe d’individus. En effet, certains individus ayant vécu des événements singuliers présenteront une réaction différente résultant d’un apprentissage inconscient. Il détiendra un avantage sur d’autres membres du groupe qui le hissera plus haut dans la hiérarchie.
Le cerveau paléolimbique explique le rapport de dominant et de dominé dans un groupe. Le dominant sera animé par un besoin d’expression de sa supériorité envers les individus dominés qui, de leurs côtés, réagiront instinctivement de façon à se conformer aux comportements de la masse ou s’exclure du groupe.
La notion de culture trouve aussi ses origines dans le cerveau paléolimbique chez certaines espèces. Il définira une réaction uniforme dans un groupe suite à un évènement nouveau. La culture peut alors être évoquée à partir du moment où ce comportement est transmis de manière instinctive aux nouvelles générations.
Le cerveau néolimbique constitue la seconde partie du cerveau limbique. Il est responsable des émotions chez un individu. On parle alors de cerveau émotif. Ce cerveau aide à faire la distinction entre ce qui est autorisé et ce qui est prohibé dans le groupe. La notion du bien et du mal peut alors être évoquée. Le tissage de liens sociaux devient plus complexe et ne se résume plus à la hiérarchie établie par la peur. Les valeurs contribuent alors à aider les membres à s’intégrer au groupe, dont la vie sociale sera plus harmonieuse.
D’autres mécanismes, plus ou moins liés à la distinction du bien et du mal, comme la motivation, la récompense et la punition sont aussi dus à ce cerveau. Ces mécanismes mettent en relief les notions de compétences chez un individu.
La notion de manipulation se dégage aussi du cerveau néolimbique. La réaction à la peur pouvant être remise en cause, le dominant, comme les dominés, pourra recourir à cette pratique afin garder ou de prendre le dessus sur ses semblables. Il s’agit d’une réaction naturelle qui insuffle le besoin d’avoir raison ou de reconnaissance chez chaque individu. Avec le cerveau néolimbique, les comportements acquis peuvent être enracinés à cause de l’attachement émotif ou à la peur profonde. Il est donc difficile de les éliminer chez un individu. Cela explique notre résistance en changement ou encore la peur de l’inconnu.

3. Le néocortex ou cerveau cortical

Le cerveau cortical ou néocortex compose la dernière partie de la théorie des trois cerveaux. Il est présent chez l’homme, mais aussi chez des mammifères supérieurs comme les dauphins, les chimpanzés ou encore les baleines. Il est assimilé, du point de vue anatomique, à l’écorce cérébrale. Les processus d’analyse et de prise de décision trouvent leurs origines dans ce cerveau aussi appelé cerveau logique. Il intègre aussi la notion de projection vers le futur impossible avec les deux premiers cerveaux. Ainsi, les individus dotés de ce cerveau peuvent établir une analyse logique des événements passés, prendre en compte les facteurs externes liés ou non avec ces événements, établir des prévisions dans le futur et prendre des décisions suivant cette analyse.
Le néocortex est donc à la source des capacités des individus à faire face à des problèmes et à les résoudre en trouvant des solutions adaptées. La résolution de ces problèmes implique de comportements comme la rationalité, la curiosité et la recherche. Ce cerveau se complaît d’ailleurs dans les situations difficiles et complexes. Il est aussi à la source de la créativité qui nous pousse à inventer dans tous les domaines.
La maîtrise des émotions venant du cerveau limbique s’opère au niveau du néocortex. On parle ici d’intelligence émotionnelle. Grâce aux capacités d’analyse, l’individu est capable de prendre le contrôle sur ses émotions. Il pourra alors décider de prendre du recul, d’exprimer correctement ses opinions sans nécessairement craindre la hiérarchie d’un groupe ou se conformer à ses règles. Ici, les réactions instinctives de fuite ou de défense agressive face à la peur ou à un danger du cerveau limbique seront remplacées par un besoin de s’affirmer dans le calme et la maîtrise.
Une meilleure communication en découle et l’harmonisation sociale sera plus efficace qu’avec le cerveau limbique. Les liens sociaux seront plus étroits grâce aux capacités des individus à se mettre à la place des autres (empathie) et de ressentir leurs émotions (compassion). Ces comportements engendrent le respect, la considération et entraînent des réactions éloignées de l’agressivité et de l’exclusion du limbique.
Le cerveau cortical permet donc un détachement vis-à-vis des prédispositions biologiques et instinctives. Cela apporte une meilleure maîtrise de soi et une adaptation plus singulière de nos réactions aux stimuli et aux événements qui nous entourent. Le détachement des prédispositions biologiques aide également à tirer des leçons plus constructives des expériences passées.
Par ailleurs, la résistance aux changements constatée avec le cerveau limbique est atténuée grâce à la plasticité du néocortex. Il sera donc nettement plus facile de se conformer à de nouvelles conditions de vie suivant l’évolution du groupe ou de la société et prenant des décisions assumées et prises sur la base du libre arbitre. De ce fait, on pourra dire que le néocortex est à la base de la réflexion et de la conscience qui définissent une stabilité accrue de chaque individu évoluant dans un groupe.

L’interaction entre les trois cerveaux

Dans le processus de réflexion, on peut établir une certaine interaction entre ces trois cerveaux, les informations étant traitées par le cerveau primitif avant d’être transmises vers le limbique puis le préfrontal.
À titre d’exemple, on peut établir la communication entre le cerveau limbique, source des émotions, et le néocortex, berceau de l’intelligence émotionnelle. La communication va alors uniquement dans un sens dans la mesure où le cerveau limbique envoie des informations liées à des émotions au néocortex préfrontal. Celui-ci engagera un processus d’analyse afin d’évaluer la réaction adaptée et réfléchie à ces informations. Cependant, en cas de trop vives émotions, ce lien unilatéral sera momentanément rompu par le cerveau limbique. Le processus de réflexion ne sera pas engagé et les capacités cognitives seront mises à l’écart. Les informations envoyées seront alors acheminées vers l’amygdale. À ce niveau, les informations seront interprétées comme des dangers. Le cerveau sécrétera alors des hormones en réponse cette situation de danger détectée et le cerveau primitif, rapide, réagira de façon instinctive et commandera des comportements primitifs comme la fuite ou la défense. Ce processus se constate lorsque nous subissons de fortes émotions comme le stress, l’amour ou encore la tristesse. Ces situations nous exposent à des réactions impulsives et irréfléchies propres aux cerveaux primitifs et limbiques.
Les tendances oisives peuvent également encourager la prise du dessus du cerveau limbique sur le préfrontal. La réflexion requiert la fourniture d’effort de concentration et d’énergie. La paresse, le manque d’attention, la négligence ou encore l’ennui peut donc pousser à des tendances de réactions impulsives et à une mauvaise maîtrise des émotions.
La théorie des trois cerveaux justifie ce rapport unidirectionnel entre le néocortex et le cerveau limbique en retrouvant le rapport à l’évolution. Le cerveau paléomammalien est prédisposé à réagir rapidement à un stimulus en fonction de nos expériences et de nos connaissances acquises. Il choisira donc la réaction qui se réfère le plus aux informations que nous maîtrisons le mieux en cas d’urgence ou de forte pression. Le préfrontal, de son côté, est beaucoup plus jeune. Sa maîtrise reste donc encore faible, rendant le temps de réaction plus long face aux changements brusques ou aux situations inhabituelles. Il prendra plus de temps pour fournir une réponse à ces situations du fait du besoin d’analyse et de réflexion. Afin d’équilibrer le rapport de réponse du cerveau limbique et du néocortex, un certain temps d’entraînement sera alors demandé. Il faut du temps pour augmenter la rapidité de réaction du troisième cerveau afin que celui-ci puisse prendre le dessus sur le second. Il est malgré tout possible de confier la maîtrise de nos émotions, mais aussi de l’ensemble de notre organisme et de notre corps à ce cerveau préfrontal. C’est le cas des personnes qui atteignent des degrés élevés de méditation.

Cerveau humain

Cerveau limbique ou cortical ?

D’une manière générale, le cerveau limbique nous pousse à adopter des pensées binaires. L’homme établit instinctivement une dualité aux différents concepts de la vie. Les nombreuses oppositions que l’on retrouve dans notre vie quotidienne en sont témoin comme l’homme et la femme, la vérité et le mensonge… L’établissement de cette pensée binaire pousse malheureusement à une défiance systématique envers une catégorie opposée à celle à laquelle nous adhérons. Cela provoque des dissensions et n’encourage pas l’ouverture vis-à-vis des autres, de leurs modes de vie et des changements qu’ils peuvent apporter.
Le cerveau cortical, quant à lui, est apte à établir des liens beaucoup plus complexes entre les individus et les éléments de l’environnement par la réflexion. Les exercices de réflexion permettent à chacun de réévaluer les rapports avant d’arriver à des conclusions dualistes. On parle alors de pensées ternaires qui accorderont à l’autre le droit d’exister en dehors du contexte d’opposition ou de peur. Ces pensées apportent la tolérance et l’acceptation de la différence et aident, en cas de conflits, à établir une médiation dans le cadre d’une communication saine.
Il est donc évident que privilégier la réflexion du néocortex aux réactions instinctives et irréfléchies du cerveau limbique apporte plus de stabilité à une société, mais aussi à chaque individu la compose. Le rapport entre ces deux composants de la théorie des trois cerveaux reste toutefois difficile et demande des efforts importants de réflexion et de recul.

Une difficulté de cohabitation entre les trois cerveaux

Paul D Mc Lean, qui a mis en avant cette théorie, a évoqué les difficultés de cohabitation de ces trois cerveaux chez une seule personne. Cette difficulté de cohabitation s’explique par la contradiction entre les réactions de ces trois types, le reptilien cherchant avant tout à se défendre à travers des réactions impulsives alors que le limbique exprimera des comportements visant à favoriser une cohésion sociale uniforme à travers les émotions qui en sont liées. Quant au néocortex, il essaiera avant tout de mettre en avant les décisions réfléchies et logiques.

Les trois cerveaux interagissent ensemble en permanence et ont aussi des systèmes de rétrocontrôle qui les régulent.

En psychothérapie il est possible d’utiliser ce concept pour créer des techniques d’action et de réflexion qui agissent sur le néocortex, par la dissociation cognitive d’un événement douloureux, par le fait de motiver le patient vers la découverte de l’inconnu, la stimulation de la créativité, développer les moteurs d’actions, la capacité à rêver … afin d’apaiser des angoisses, des peurs des crises des états d’urgence de l’instinct ou des dépressions produites par les cerveaux limbique ou reptilien.
Cette théorie aura apporté des preuves incontestables du lien entre l’évolution et le développement de notre cerveau qui définit nos différents comportements en société, notre relation au monde, notre manière de nous adapter pour résoudre des problèmes des plus instinctifs gérés par le cerveau reptilien en passant par des apprentissages automatiques maîtrisés par le cerveau limbique pour aboutir aux fonctions et réflexions complexes, adaptatives, créatives et spécialisées gérées par le néocortex et spécifiquement par le préfrontal.