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Développer les capacités du néocortex préfrontal

Développer les capacités du néocortex préfrontal 2018-01-30T16:26:41+00:00

Jacques Fradin et Camille Lefrançois dans leur livre « La thérapie Neurocognitive et comportementale : Prise en charge neurocomportementale des troubles psychologiques et psychiatrique », expliquent que nous sommes des êtres d’habitudes, que nous avons des « programmes » ou des manières habituelles de penser, de ressentir et d’agir. Certains de ces automatismes nous rendent service dans un contexte stable et parfois sont source de stress quand ils deviennent inadaptés à une situation nouvelle. Nous appliquons alors des stratégies faciles mais inefficaces.

Pour prévenir les réactions en mode automatique qui est source de stress, Jacques Fradin et Camille Lefrançois, suggèrent d’utiliser et de développer les potentialités d’adaptation du cortex préfrontal. Si nous ne les utilisons pas, c’est que trop souvent nous faisons comme si nous n’acceptions pas la réalité. Ces chercheurs décrivent six facultés cognitives du fonctionnement préfrontal contre le stress : la rationalité, la curiosité (routine), la souplesse d’esprit, la nuance (éviter les  classifications hâtives), la relativité (comprendre qu’il existe plusieurs points de vue, la planification de l’action) le développement de l’opinion personnelle (éviter le conformisme, ou l’opposition systématique à autrui). Elles ont l’immense mérite de pouvoir cadrer l’action et aussi de donner des résultats tangibles en termes d’amélioration de la réaction au stress. Elles s’opposent point par point à six caractéristiques du mode automatique : la routine, la persévérance, la simplification, les certitudes, l’empirisme, l’image sociale.

L’effet anti-stress est donc le résultat d’un entraînement du cortex préfrontal. Face à une situation inhabituelle et potentiellement stressante, le cortex préfrontal et les zones postérieures du cerveau vont rentrer en compétition pour décider s’il convient d’adopter un mode automatique ou un mode adaptatif. Les zones postérieures prennent le dessus si le cortex préfrontal n’est pas entraîné.

Le stress résulte du fait que le cortex préfrontal détecte l’inadéquation du mode automatique, même s’il ne s’impose pas pour changer de stratégies

Le fonctionnement mental sur le mode automatique prédispose au stress, et certains facteurs peuvent y contribuer :

  • La répétition des actes techniques, domestiques, récréatifs (les jeux vidéo), des relations personnelles ou professionnelles routinières. Le paradoxe est que notre mode automatique organise notre performance ou notre expertise dans un environnement stable, et aussi notre stress en cas de changement important de cet environnement.
  • Le conformisme à des normes restrictives dictées par la société ou les médias.
  • Les méthodes de management par le stress dans l’entreprise.
  • Le non droit à l’erreur à l’école ou dans l’entreprise, comme le risque zéro exigé par les systèmes de soin ou de l’emploi.
  • L’attente ou la volonté que les choses « soient comme elles ont été », par exemple les prix, le pouvoir d’achat, la sécurité de l’emploi, la couverture de l’assurance maladie…

L’entraînement du cortex préfrontal

La rationalité : l’objectif, devant une situation qui vous stresse, est de comparer les moyens dont vous disposez pour répondre à la réalisation d’une tâche. Par exemple, votre patron vous demande de terminer un projet dans un délai très court. Faîtes d’abord un bilan de tout ce qu’il vous faut faire pour respecter l’échéance. Puis faîtes la liste des moyens à votre disposition. Enfin demandez-vous si les moyens à mettre en œuvre pour réaliser la tâche sont à votre portée : avez-vous les moyens de répondre à l’exigence ? En restant focalisé sur les exigences du résultat, vous activez votre mode mental automatique, et votre cortex préfrontal repère l’inadéquation des moyens aux objectifs et active les circuits hormonaux du stress. En confrontant les exigences du résultat aux moyens dont vous disposez, votre cortex préfrontal s’active, conçoit de nouvelles stratégies, et inhibe la réaction de stress.

La relativité des points de vue : l’objectif est de comprendre que tous les problèmes sont relatifs. Pensez par exemple à une situation qui vous stresse. Et demandez-vous : Pourquoi est-ce que cela me stresse ? Dès que vous avez trouvé un fragment de réponse (par exemple. cela me stresse de penser à ma ligne parce que je me trouve grosse), posez-vous à nouveau la question « Pourquoi ? » (Pourquoi suis-je angoissée à l’idée d’être grosse ?) et ainsi de suite. Les débuts de réponse doivent toujours être suivis de nouvelles questions, car le mode interrogatif empêche de rester figé sur une conception acquise. En changeant de point de vue, on active le cortex préfrontal.

La curiosité : En discutant d’un sujet banal, vous vous efforcez de détecter chez la vote interlocuteur quelque chose de « nouveau ». Peut-être aurez-vous l’impression qu’il ne s’est rien passé de particulier : peu importe, vous vous êtes tourné vers la nouveauté, ce qui inhibe le mode mental automatique, facteur de stress. Et des questionnaires révéleraient que vous êtes moins vulnérable aux situations stressantes.

La souplesse d’esprit : Dressez une liste de dix exemples de ce qui compte le plus pour vous dans la vie, puis faites de même pour les choses qui vous font le plus peur. Comparez les deux listes. Peut-être constaterez-vous que certains éléments sont opposés: si la famille compte beaucoup pour vous, la perte d’un proche est logiquement redoutée. Mais pour quelques exceptions, ce n’est pas le cas. Par exemple, il se peut que « manquer d’argent » soit dans la seconde liste, mais que « avoir de l’argent » ne soit pas dans la première. Pourquoi ? Réfléchissez-y. Ces petits paradoxes vous forceront à plus de souplesse d’esprit.

La nuance : Cet exercice sert à affiner la perception de l’environnement. Ecoutez avec attention tous les bruits ambiants. Fermez les yeux. Peut-être entendez-vous la rumeur de la rue, un bruit de pas dans le couloir. Essayez d’entendre tous ces bruits simultanément, comme si vous étiez un chef d’orchestre. Pour y arriver, un conseil : lorsque vous avez perçu un bruit, ne le lâchez pas, continuez à le sentir résonner à votre oreille, comme pour tous les autres. Cet exercice favorise la perception globale de l’environnement, et stimule le cortex préfrontal, une zone d’intégration des données environnantes.

Le développement de l’opinion personnelle : Imaginez que vous devez choisir entre inscrire – ou non – votre enfant dans un établissement scolaire, mais vous ne savez rien des programmes, ni des professeurs, etc. Peut-être hésiterez-vous, et déclarerez finalement : «Je ne peux pas prendre une décision » L’expérimentateur vous expliquera alors que, dans pareille situation, ne pas se prononcer constitue aussi un choix tacite qui engage. Peu à peu, vous apprendrez que prendre une décision, exprimer une opinion personnelle même quand on a conscience de ne pas maîtriser tous les éléments d’une situation, à un effet positif sur le stress. Vous restaurerez une liberté d’action et serez moins obnubilé par le souci de tout maîtriser, attitude souvent paralysante.