Troubles de l’attachement

L’attachement est différent du « lien d’attachement » que les parents développent pour leurs enfants. Le processus d’attachement se poursuit après la naissance. De façon générale, les bébés ont un attachement marqué, dès la fin de leur première année, pour la ou pour les personnes qui prennent régulièrement soin d’eux. Un enfant se sert des comportements d’attachement (ex. : pleurer, s’agripper, suivre, babiller) pour manifester ses besoins. Parmi les besoins d’attachement, il y a le besoin d’un enfant de savoir que son parent est là pour voir à sa sécurité et à sa protection.

Un enfant développe un type d’attachement différent (sécurisant ou insécurisant) selon la façon dont le parent répond à ses besoins d’attachement.                                                                                        

Un enfant qui a un attachement sécurisant sait que son parent est là pour lui ; il peut donc explorer et jouer en toute confiance, et il se laisse facilement réconforter par son parent.

Un enfant qui a un attachement insécurisant n’est jamais certain que son parent sera là pour lui. Il se comporte donc de manière à garder son parent à proximité et disponible en cas de danger.

Un enfant qui a un attachement insécurisant-désorganisé est troublé ou a peur de son parent et ne peut pas se tourner vers lui pour obtenir du réconfort.

Les réactions et les comportements du parent affectent la façon dont le cerveau du bébé se développe.

Importance de l’attachement

Les premières expériences d’attachement d’un enfant affectent son développement de plusieurs manières.

Au début, le nourrisson a besoin que son parent l’aide à réguler, à gérer et à organiser ses réactions par rapport aux expériences de la vie. Les parents sensibles aident l’enfant à réguler ses émotions en décodant les signes qu’il émet et en y réagissant de façon appropriée.

Plus le parent est en mesure d’aider l’enfant à effectuer cette régulation tôt dans la vie, plus il sera facile pour l’enfant de s’autoréguler à l’avenir. Un enfant qui peut s’autoréguler peut mieux s’adapter à de nouvelles expériences, apprendre de nouvelles habiletés et gérer son stress. Il court également moins de risques de développer des problèmes de santé mentale.

Les premières relations d’un enfant lui servent de modèles pour ses relations futures.

Un enfant qui a un attachement insécurisant, plus particulièrement un attachement insécurisant-désorganisé, court plus de risques de développer des problèmes de comportement ou de santé mentale.

Habituellement, les enfants qui ont un attachement sécurisant réussissent mieux dans la vie.De façon générale, ils sont plus heureux que les enfants qui ont un attachement insécurisant ;ils font davantage confiance, collaborent davantage, possèdent une meilleure estime de soi, ont de meilleures relations et se remettent plus facilement des expériences difficiles.

Facteurs qui influencent l’attachement

Le facteur le plus important en matière d’attachement est le comportement et la réaction du parent envers les besoins d’attachement de son enfant.

Plusieurs comportements peuvent aider les enfants à développer un attachement sécurisant, dont les suivants :

• être sensible (aux signaux de l’enfant)

• réconforter (un enfant en détresse) ;

• réparer (lorsque la relation a été rompue)

• faire preuve de réciprocité (s’adapter aux besoins de l’enfant) ; encourager le jeu (le parent aime participer à un jeu mené par son enfant)

• protéger/prendre en charge (s’assurer que l’enfant est en sécurité/lui montrer un comportement approprié)

• donner des soins avec tendresse et être proche.

La qualité des soins qu’un parent a reçus lorsqu’il était enfant influence grandement la façon dont il réagit à ses propres enfants. Les parents peuvent éviter de transmettre à leur enfant une peine éprouvée pendant l’enfance en se rappelant des expériences lors desquelles ils se sont sentis compris, acceptés et aimés. Ils peuvent aussi mieux identifier des situations qui peuvent déclencher des réactions pénibles.

Un enfant peut courir le risque de développer un attachement insécurisant lorsque :

• un parent éprouve des problèmes de santé mentale qui interfèrent avec son habileté à répondre aux besoins d’attachement de son enfant.

• le parent manque de soutien dans son entourage.

• un parent meurt ou est séparé de son enfant.

• la famille vit des conflits ou éprouve des problèmes de communication.

• un parent a eu un attachement insécurisant avec son propre parent.

Un enfant peut courir le risque de développer un attachement insécurisant-désorganisé lorsque :

• l’enfant est victime d’abus, de négligence ou est témoin de violence.

• son parent n’a pas résolu un traumatisme ou une perte liés à son passé.

Comment favoriser un attachement sécurisant

Les parents veulent bien élever leurs enfants, mais ils ne comprennent pas toujours  l’importance de développer de bonnes relations avec eux.

Même si un parent n’a pas pu favoriser un attachement sécurisant chez son enfant, il est possible de changer les choses.

Plus tôt les parents recevront de l’aide, meilleures seront les chances d’améliorer l’avenir de l’enfant.

Pour aider les parents à changer les relations qu’ils ont avec leurs enfants, je peux les aider

• leur montrer à développer des relations de confiance

• les informer sur ce qu’est l’attachement, sur l’importance de l’attachement et   sur la façon de favoriser des relations d’attachement sécurisant

• les inviter à reconnaître et à apprécier ce qu’ils font déjà

• les inviter à réfléchir sur ce que pense leur enfant et sur ce qu’il ressent et à répondre aux besoins d’attachement de façon régulière et constante

• jouer le rôle de modèle en étant sensible à eux et à leurs besoins.

mai 31 2014 08:42 | Psychothérapie

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