HSTMA et Mouvements alternatifs

L’ HTSMA peut se concevoir comme  la modélisation d’un carrefour stratégique entre les diverses formes de thérapies brèves, de l’hypnose et du protocole EMDR de Francine Shapiro, fruit de 10 ans de travail et de recherche au niveau épistémologique, clinique et de la pratique psychothérapique

C’est un modèle intégratif associant d’une part :

Une stratégie de traitement à partir d’un modèle stratégique et constructiviste sur lequel se greffent : le tissage sensoriel comme l’a développé Joyce MILLS  chez l’enfant, le modèle stratégico-constructiviste de NARDONE, le modèle solutionniste  de STEVE DE SHAZER, et le protocole cognitiviste de Francine SHAPIRO. L’intérêt de ce modèle est qu’il devient généralisable non seulement aux troubles psycho-traumatiques  y compris complexes, mais également aux autres troubles anxieux et dépressifs, à la douleur, etc

Pour se faire, le thérapeute utilise divers outils, dont les stimulations alternatives, afin d’accompagner le sujet à suffisamment s’absorber dans son problème pour activer une expérience de changement. Cette expérience de changement va rompre les boucles dysfonctionnelles (tentatives de solution) que le sujet vit avec lui-même, les autres et le monde, et permettre l’expression de modes relationnels plus adaptatifs. La pertinence du travail thérapeutique s’évalue à partir de ce qui change chez le sujet dans sa vie quotidienne

Ce modèle repose sur des hypothèses simples :

Le thérapeute doit créer un espace de sécurité dans lequel le patient va pouvoir vivre une expérience différente et nouvelle de celles pour lesquelles il consulte.

  1. Cette expérience est l’expression d’une co-construction entre le sujet d’une part et le thérapeute d’autre part.
  2. Cette expérience est plus qu’une expérience émotionnelle correctrice, c’est une expérience qui engage le sujet dans son entier (sensoriel, émotionnel, comportemental, cognitif) dans sa relation à lui même, aux autres et au monde. Il s’agit d’un mouvement sur lequel va s’appuyer la thérapie pour l’amplifier en terme de changement. Tout sujet a en lui et autour de lui des ressources qui peuvent être mobilisées dans le sens de l’amélioration.
  3. La partie dysfonctionnelle (pour le sujet – symptômes)  peut être utilisée comme une métaphore d’hypnose négative et va servir à l’induction du processus thérapeutique.
  4. La partie saine va être mise en évidence et amplifiée (recadrages, métaphores).
  5. Le travail de réassociation par le tissage (sensoriel, cognitif) entre la partie saine et la partie dysfonctionnelle va amener à une nouvelle expérience, exprimée par une posture différente.
  6. C’est à partir de cette nouvelle expérience que va s’effectuer le travail de restructuration cognitive qui peut demander l’aide du thérapeute.

Les stimulations alternatives comme technique d’induction externe d’autre part.

Ces stimulations peuvent être bilatérales, dans un axe vertical, ou focalisées à un endroit précis du corps (Mouvements oculaires, stimulations auditives alternées, tapping sur les mains, les épaules, mouvements alternés des pieds  etc…).

Ces stimulations externes ont deux fonctions :

  1. Induire le phénomène de focalisation double de l’attention,  c’est à dire de dissociation au sens de JANET, où le sujet est à la fois acteur et spectateur de l’expérience qu’il est en train de vivre,
  2. Soutenir le processus d’auto-absorption et le travail de réassociation.

Ces stimulations ont une fonction comparable à l’utilisation de la lévitation par ERICKSON ou à la technique de polarité des mains de ROSSI. Il est d’ailleurs aisé de passer de l’une à l’autre.

juillet 17 2011 08:53 | Psychothérapie

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